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Publié le 22/04/2009 | 11:35

JUSTICE. Un présumé génocidaire mis en examen

Par Rfo.fr (avec AFP)

Pascal Simbikangwa, un Rwandais de 50 ans vivant à Mayotte, a été mis en examen, le 16 avril dernier, pour sa participation présumée dans le "génocide" de 1994.

Il s’appelle Pascal Simbikangwa. Il est Rwandais et vit à Mayotte. Interpellé en octobre dernier dans la collectivité départementale de Mayotte, Pascal Simbikangwa a été mis en examen, le 16 avril dernier, pour "génocide" pour sa participation présumée aux tueries de 1994.

Photo de Pascal Simbikangwa diffusée par Interpol © DR Mise en examen de Pascal Simbikangwa
L’Agence France Presse (AFP) rapporte qu’il fait l’objet d’un placement en détention provisoire. Le parquet de Mayotte avait ouvert une information judiciaire à la suite de la plainte déposée le 13 février par "le collectif des parties civiles pour le Rwanda". Elle été confiée à la juge d’instruction Nathalie Zahi, a indiqué Marc Brisset-Foucault, procureur général près du Tribunal supérieur d’appel (TSA), équivalent d’une cour d’appel en France hexagonale. L’homme questionné, par la juge qui l’a mis en examen, sur son rôle supposé dans ce dossier se serait refusé à tout commentaire sur le fond du dossier. Un mandat de dépôt contre Pascal Simbikangwa a été émis par le juge des libertés et de la détention. L’accusé a décidé de faire appel auprès de la chambre de l’instruction. La décision devrait être rendue le 30 avril prochain.

Participation présumée dans le génocide de 1994
Pascal Simbikangwa, 50 ans, ancien officier de renseignement rwandais, était sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Il est encore poursuivi par la justice de son pays d’origine pour son implication présumée dans le génocide des tutsis perpétré en 1994. Le site d’information Rue89 rapporte qu’il est soupçonné d’avoir été l’organisateur en chef de l’action des milices interahamwe sur Kigali. Milices qui, au printemps 1994, ont tué des dizaines de milliers de personnes dans la capitale Kigali. Pascal Simbikangwa a été interpellé le 28 octobre 2008 par les forces de l’ordre. Depuis, il est détenu provisoirement dans le cadre d’une autre affaire de trafic de faux papiers dans la Maison d’arrêt de Majicavo. Ce sont les vérifications faites suite à son arrestation qui avaient permis de découvrir qu’il était recherché par Interpol à la demande des autorités rwandaises, notamment pour génocide et complicité et conspiration de génocide, et crime organisé.

Rejet de la demande d’extradition de Kigali

Mais le Tribunal supérieur d’appel avait rejeté, en novembre dernier, la demande d’extradition adressée par le Rwanda au motif notamment que la peine encourue - dont 20 ans d’isolement complet – n’est pas acceptable pour la France. "Le collectif des parties civiles pour le Rwanda" a déploré cette décision. Un appel à témoins a été lancé par le procureur général près le Tribunal supérieur d’appel M. Brisset-Foucault. « Si des personnes ont des déclarations à faire sur la participation supposée de M. Simbikangwa au génocide de 1994, elles peuvent prendre contact directement avec le juge ou via le parquet qui transmettra », a indiqué le procureur général près du Tribunal supérieur d’appel.

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