Actualités - SOCIAL

Publié le 16/12/2011 | 12:06

La grève à contrecœur

Par Ivan ERHEL

Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT-Mayotte, et Saïd Boinali, secrétaire général de la CFDT-Mayotte Vendredi, l’intersyndicale espérait encore parvenir à un accord satisfaisant qui rendrait inutile la grève prévue lundi. De leur côté, les membres du collectif des citoyens perdus ont averti qu’ils jugeaient prématurée la reprise du mouvement.

A peine rentré de métropole, Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT-Mayotte affichait son optimisme et sa détermination : "Les pouvoirs publics nous ont donné satisfaction, mais nous attendons plus de la part de la grande distribution". Conformément à leurs revendications, un expert indépendant sera bien nommé pour étudier l’économie mahoraise et proposer des solutions. Mais l’avenir de la grève de lundi dépendra de l’attitude des représentants de la distribution, et du prolongement de l’accord Robin, qui contrôle les prix des produits de première nécessité et qui doit prendre fin à la fin de l’année.

Pas de barrages routiers

Djanffaf Kamilloudine, l’adjoint de Salim Nahouda avertit : "Nous espérons parvenir à un accord dans le week-end, mais tout est prêt pour lundi en cas d’échec". Un rassemblement est prévu sur la place de l’ancien marché à partir de sept heures du matin, avant de défiler le long du traditionnel parcours "République-Nation", du rond point Zema Mderé au rond point El Farou. Le Collectif des citoyens perdus, représentant la société civile et les petits commerçants a obtenu l’assurance qu’il n’y aura pas de barrages routiers et que la place de la République ne serait pas occupée, comme cela avait été le cas durant quarante-quatre jours le mois dernier. Ansoir Abdou, le président du collectif explique sa position : "Nous sommes solidaires du combat contre la vie chère, mais la population a beaucoup souffert de la dernière grève et se remettent à peine de leurs difficultés économiques. Les petits commerçants ont prévu des animations commerciales mardi et nous ne souhaitons pas que Mayotte soit de nouveau paralysée pendant les fêtes".

La situation reste tendue

Dans un département où seulement 30 à 35 000 personnes sur plus de 200 000 habitants perçoivent un salaire mensuel, la situation reste tendue à quelques jours de la reprise annoncée de la grève. Noussoura Souleïmana, président de la CFE-CGC estime que le mouvement sera suivi : "Je ne peux pas faire trois mètres dans la rue sans que l’on m’arrête pour me demander si le mouvement est maintenu. La baisse des prix n’est qu’un volet de nos revendications. La situation économique de Mayotte est grave, et je suis choqué du silence de l’Elysée sur le sujet. Nous sommes des français à part entière". La bonne volonté affichée par la grande distribution, à qui on demande de baisser ses marges de 30% pourrait ne pas suffire à arrêter le mouvement prévu lundi.

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