Une pancarte de protestation contre la vie chère à Mayotte © AFP
Après les avancées obtenues auprès des représentants de l’Etat, l’intersyndicale doit maintenant négocier avec les représentants de la grande distribution. La rencontre aura lieu ce mardi après-midi.
"Il n’y a pas de concurrence à Mayotte. Les trois acteurs de la distribution s’entendent sur les prix et abusent de leur position de monopole !" Cette grave accusation, c’est Salim Nahouda, le secrétaire général de la CGT- Mayotte qui la porte. A quelques heures de sa rencontre avec la Sodifram, Jumbo et Somaco, il affute ses arguments : "Seule la Sodifram a respecté les engagements. Les autres ont profité de failles dans le texte des accords Robin, par exemple en reconditionnant leurs produits pour échapper au contrôle des prix, ou en cessant d’importer les produits contrôlés, comme le riz parfumé par exemple".
Petits arrangements
L’objectif de cette rencontre est d’obtenir la signature de l’accord par les trois grandes firmes, et de poser les bases d’une négociation pour une baisse pérenne des marges, et donc des prix, sur un certain nombre de produits de première nécessité comme le riz, la viande et le poulet. Pour éviter que se reproduisent les petits arrangements sur le conditionnement, l’intersyndicale souhaite établir des prix au kilo. Le mois dernier, les sacs de 10 kilos d’ailes de poulet, dont les prix avaient été minorés avaient disparus des rayons, opportunément remplacés par des sacs de 5 kilos, vendus au prix fort.
"Le sujet qui fâche"
Après avoir formalisé hier les accords passés avec les syndicats à Mayotte le 6 décembre et à Paris le 14, la préfecture assistera aux négociations d’aujourd’hui en tant que médiateur. En effet, l’intersyndicale compte aborder aujourd’hui "le sujet qui fâche" : la durée d’application des accords, qui doivent prendre fin au 31 décembre. Maintenant que le principe de la désignation d’un comité d’experts indépendants au frais de l’Etat est acquis, les syndicalistes veulent prolonger la baisse des marges au moins jusqu’à fin mars, lorsque les experts rendront leurs conclusions.
Medef, gaz et sable
Les produits alimentaires de première nécessité ne sont pas le seul enjeu de la rencontre de cette après midi à la Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIECCTE). Seront également présent le Medef, ainsi que les responsables de la filière gaz (Sonagaz et Total) et sable (le réunionnais IBS et le groupe Colas).
"Le mécontentement est là"
Pour Salim Nahouda, "Nous avons tous intérêt à nous entendre, car le développement de Mayotte est l’affaire de tous". Pas inquiet de la faible mobilisation de la manifestation organisée hier à Mamoudzou qui n’a réuni que 200 personnes, il reste convaincu que "tout le monde sait que le mécontentement est là, que les Mahorais sont derrière nous et le feront savoir si les négociations échouent. Mais je suis optimiste. On espère que tout finira aujourd’hui".
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