Marie-Luce Penchard doit s’entretenir, mardi en fin d’après-midi, avec les élus mahorais afin de discuter du plan de relance qui vise à sortir Mayotte de la crise économique.
Le mouvement contre la vie chère, qui paralyse Mayotte depuis près de sept semaines, va-t-il enfin trouver une issue ? L’instersyndicale n’a toutefois pas signé l’accord de baisse de prix proposé. A la source du problème : l’emploi. Selon le ministère, "2 500 personnes sont au chômage partiel ou technique", sur 15 000 salariés dans le privé, du fait du ralentissement de l’activité engendré par le conflit. Ce thème doit être abordé lors de la table ronde convoquée par Marie-Luce Penchard au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, ce mercredi en présence d’élus mahorais.
"Mayotte a un problème de prix mais aussi de pouvoir d’achat et pour le régler, cela passe par des emplois", évoque-t-on du côté du Ministère. Et d’ajouter que l’urgence pour le gouvernement est de préserver l’emploi et que la relance de l’activité voulue par les pouvoirs publics devrait se traduire par "une relance de la commande publique".
Le mot d’ordre de ce projet repose sur la célérité des actions engagées, sur lesquelles les services de l’Etat de Mayotte travaillent déjà. Ces projets devraient tous se concrétiser dans les six mois à venir. Parmi eux, figurent par exemple les réseaux d’assainissement, des routes départementales, des équipements de loisirs. Ce dont devrait bénéficier le tourisme, sévèrement touché par cette crise.
Le tourisme sévèrement impacté
Le comité de tourisme de Mayotte a en effet annoncé lundi un manque à gagner d’environ 1,5 million d’euros pour ce secteur. Soit 5% des 30 millions d’euros de recettes annuelles enregistrées l’an dernier. Particulièrement touché par la vie chère, le secteur de la restauration souffre des difficultés à s’approvisionner en produits alimentaires pour cause de fermeture de magasins.
S’il est bien sûr concerné par le plan général de relance, le tourisme mahorais espère sortir de l’impasse par une série de mesures particulières parmi lesquelles l’instauration de contacts renforcés avec les opérateurs de La Réunion et de la France métropolitaine ainsi que des campagnes de communication reposant notamment sur des leaders d’opinion. Ce plan de soutien estimé à 350 000 euros prévoit aussi la mise en place d’une "cellule de crise" pour le tourisme mahorais.
Interrogé sur la question mahoraise, Mansour Kamardine, avocat et ancien député de Mayotte, a "plaidé" dimanche pour une participation accrue des Mahorais au développement économique de leur île, à l’issue d’une réunion du Comité départemental de l’UMP. Selon lui, ce développement passe notamment par la relance des grands travaux au travers du désenclavement numérique, aérien, maritime et routier de l’ île. Mais aussi par le développement endogène au travers du développement touristique, agricole et aquacole.
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