Actualités - SOCIAL

Publié le 28/11/2011 | 12:25

Reprise de la grève, info ou intox ?

Par Maité KODA

© AFP Le mouvement de grève à Mayotte, suspendu depuis le 9 novembre pourrait reprendre le 19 décembre, selon les syndicats.

Tout d’abord c’est le personnel d’Electricité de Mayotte (EDM) qui, à l’initiative de la CGT-Ma, a lancé un préavis de grève pour le 21 décembre. Plus généralement, c’est une reprise de tout le mouvement de protestation contre la vie chère qui s’annonce pour le 19. L’intersyndicale a annoncé ce dimanche reprendre la protestation afin de s’élever contre l’absence de négociations. Pour autant, aucun préavis n’a encore été déposé. Elle dénonce également une augmentation des prix dans les rayons. D’ici là, ses représentants affirment rester ouverts à toute discussion. Difficile donc de savoir si la grève reprendra réellement ou s’il s’agit d’une nouvelle carte dans le jeu des syndicats.

Des négociations laborieuses
Le premier mouvement de grève aura duré 44 jours. Les rendez-vous manqués et avortés sont nombreux pendant ce mois et demi. L’intersyndicale se réunit à de nombreuses reprises avec les représentants du patronat local et de l’Etat. L’objectif étant d’obtenir une baisse significative des produits d’alimentation de première nécessité, tels que les "mabawas" (ailes de poulets), le riz, le lait, l’huile… mais aussi sur le gaz et le sable.
FO est le seul syndicat à signer rapidement un accord avec la grande distribution. Devant l’échec des négociations, un médiateur, Denis Robin, ancien préfet de Mayotte est dépêché depuis l’Hexagone début novembre.

Le 10 novembre, contre toute attente, l’intersyndicale qui avait suspendu le mouvement refuse de signer l’accord de sortie de crise négocié deux jours plus tôt. Ce dernier prévoyait une baisse des prix de la viande de bœuf (-10%), du sable de construction (35 euros la tonne partout dans l’île) et un maintien de celui du gaz. Des prix qui seraient restés applicables jusqu’en mars 2012, date des premiers versements du RSA (25% du RSA hexagonal) dans le département. L’accord n’a jamais été paraphé.
C’est parce que les négociations n’ont pas repris depuis la "non signature" de l’accord que l’intersyndicale a décidé ce dimanche de reprendre la grève, rapporte le journaliste de Mayotte 1ere, Hakime Ali Saïd. Les syndicats assurent avoir sollicité en vain à plusieurs reprises la préfecture pour discuter. De plus ils affirment avoir constaté une augmentation des prix pratiqués sur l’île, et déplorent que l’Etat n’ait pas tenu sa parole d’envoyer sur place un expert pour décortiquer et analyser les prix.

Quarante-quatre jours sous tension
C’est le 27 septembre que la population mahoraise s’est mise en grève pour protester contre la vie chère. Entre manifestations monstres dans les rues de Mamoudzou, fermetures, parfois forcées des commerces et barrages routiers, le 101e département français s’est retrouvé quasiment paralysé pendant 44 jours. 

Barres de fer et jets de pierre contre gaz lacrymo et tirs de flash-ball, les manifestations sont parfois le théâtre de violences spectaculaires, plusieurs personnes sont blessées. Un enfant de 9 ans perd un œil, victime d’un tir de flash-ball. Le 19 octobre, Ali El Anziz, âgé de 39 ans trouve la mort lors des manifestations suite à un malaise cardiaque. Selon l’autopsie, il aurait succombé à une perforation du cœur consécutive à des massages cardiaques inappropriés, effectués par les pompiers.

La gestion de l’Etat très critiquée
Le 23 novembre, à l’occasion d’une rencontre avec les élus mahorais, la ministre de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard a promis de débloquer 50 millions d’euros en 2012 pour "relancer l’activité et préserver l’emploi". Insuffisant et inapproprié selon les syndicats qui dénoncent des propositions qui "favorisent les nantis" et réclamaient des "mesures d’urgence et une baisse de prix durables".

De manière plus générale, l’attitude de Marie-Luce Penchard qui s’est exprimée une première fois via la télévision au Mahorais le 5 octobre a été contestée par la population et les élus locaux. Ce n’est que le 14 octobre, soit près de trois semaines après le début du conflit qu’elle effectue une visite coup de vent sur l’île. A cette occasion elle s’est adressée aux Mahorais dans un discours qui a été copieusement sifflé par la foule, peu convaincue par ses promesses de bons de réductions de 5 euros par mois et par produit parmi une liste de 10 jugés de première nécessité.

Tout savoir sur la situation à Mayotte avec notre dossier spécial 

JT en vidéo

Radio MAYOTTE

Dossier

La présidentielle vue des Outre-mer

Dossiers - ELECTIONS

27/02/2012

La présidentielle vue des Outre-mer

>> Tous les dossiers