Un énième ’kwasa-kwasa’ a chaviré au large de Mayotte, le 11 septembre 2007, faisant 4 morts et une quinzaine de disparus. Enquête sur une tragédie.
Un kwasa-kwasa © AFP
Si l’opinion publique connaît l’île italienne de [Lampedusa->http://fr.wikipedia.org/wiki/Lampedusa], en [Méditerranée->http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9diterran%C3%A9e] ou les enclaves espagnoles de [Ceuta->http://fr.wikipedia.org/wiki/Ceuta] et [Melilla->http://fr.wikipedia.org/wiki/Melilla] au [Maroc->http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc] comme portes d’entrée vers l’[Europe->http://fr.wikipedia.org/wiki/Europe], elle connaît peu l’île comorienne de Mayotte, une [collectivité départementale->http://fr.wikipedia.org/wiki/Mayotte], sous administration française, à 70 kilomètres d’Anjouan et revendiquée comme quatrième île par l’Union des [Comores->http://fr.wikipedia.org/wiki/Comores]. Mayotte constitue pourtant l’un des passages les plus meurtriers et les plus complexes tant sa géographie, son histoire locale et son enjeu militaire sont imbriqués dans une des zones les plus stratégiques de la planète : le canal du [Mozambique->http://fr.wikipedia.org/wiki/Mozambique].
Un énième drame en mer
Décidément la mort rôde toujours entre le bras de mer, un peu plus de 70 kilomètres, séparant les îles comoriennes d’[Anjouan->http://fr.wikipedia.org/wiki/Anjouan] et de Mayotte (collectivité départementale française). A peine trois semaines après le chavirage d’une embarcation motorisée surchargée de candidats majoritairement de nationalité comorienne, les « kwasa-kwasa », partis rejoindre clandestinement Mayotte, un de ces macabres « kwasa » vient une nouvelle fois de défrayer la chronique en faisant 17 morts et 19 disparus ! Le dernier naufrage d’un kwasa-Kwasa constaté par les autorités françaises avait donc eu lieu au large de la commune de Majicavo-Koropa, au Nord de l’île. Selon l’Agence France Presse (AFP), le 23 juillet, le bilan faisait état de 27 disparus et de 2 morts : un homme repêché inerte et un enfant, décédé juste après son admission au centre hospitalier de Mamoudzou. L’agence de presse comorienne HZK recoupait, pour sa part, ces informations. Les victimes de ce drame étaient originaires des trois autres îles voisines des Comores et quelques unes de Madagascar. Ce n’est pas la première fois que ce type de tragédie survient au nord du canal du Mozambique. Loin s’en faut... Selon la Fédération comorienne des droits de l’homme (FCDH), installée dans la ville de Wani-Anjouan, quatre naufrages auraient été recensés pour le seul mois de juillet pour un bilan de 80 victimes.
Le chiffre de 4 500 morts contesté
Du côté de la société civile comorienne en France hexagonale comme dans les trois îles de l’Union des Comores (Anjouan, Mohéli et Grande Comore), on avance le chiffre de plus de 4 500 morts depuis l’instauration du visa. Contacté par téléphone, Mohamed Allaoui, le président de la FCDH, affirme ne « pas avoir assez de chiffres fiables pour confirmer le nombre exacts de victimes. Ces tragédies ont lieu toutes l’année et particulièrement en juillet/août au moment où les conditions atmosphériques sont les plus mauvaises et la mer très agitée. Nous recueillons nos informations auprès de certains témoins présents dans les zones de départ, des rescapés et des expulsés. Le chiffre n’est pas loin de la vérité. Il y a aussi parmi les morts et les disparus des Malgaches ou encore des Africains du continent. On a voulu faire un observatoire, mais on n’a pas les financements. Il est également très difficile de mener des enquêtes fiables si les autorités de Mayotte ne mènent pas le même type d’études. On s’est adressé au Programme pour le Développement des Nations-Unies (Pnud) pour de l’aide, mais ce volet-là ne figure pas dans la programmation des plans cadre de coopération avec les Comores. Nous recherchons ainsi des institutions et des organismes de bonne volonté qui peuvent nous aider à mieux nous structurer et nous financer dans ce sens. Il faut savoir qu’en droit international, ces « clandestins » ne traversent pas de frontières. Ils se rendent chez eux. Par contre, on peut considérer que la présence française à Mayotte est illégale. Avec tous les problèmes politiques que connaissent les Comores, notamment à Anjouan aujourd’hui, les autorités de l’Union des Comores n’ont même plus le temps de revendiquer l’île. En tous cas, il y a urgence à agir du côté des autorités comoriennes et françaises. Il y a des hommes et des femmes qui périssent tous les jours en mer. »
Younoussa Bamana, une des grandes figures politique mahoraises © RFO
Le visa Balladur
Le Collectif des associations et des amis des Comores (CAAC), le GRITAC (Groupe de Réflexion pour l’Intégrité Territoriale de l’Archipel des
Comores) et le collectif Masiwa Mane indexent le fameux « passeport Balladur », il s’agirait d’un visa très difficile à obtenir, mis en place du temps du gouvernement d’[Édouard Balladur->http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Balladur] en 1994/ 1995. Le document en question, « très difficile à obtenir », a mis fin à la libre circulation des Comoriens des autres îles vers Mayotte. Son but vise à dissuader et à contrôler le flux migratoire des habitants de l’Union des Comores vers la collectivité mahoraise. Mais les centaines de tentatives de traversées en [kwasa-kwasa->http://www.bibliotheque.refer.org/livre8/lexique/kwasakwa.htm] et le nombre de morts croissant depuis l’instauration démontre ses limites. Personne à Mayotte n’a oublié la célèbre réplique de l’homme politique mahorais [Younoussa Bamana->http://mayotte.rfo.fr/article123.html], disparu le 22 juin 2007 : « Tant que le gouvernement français et les autorités comoriennes ne développeront pas la coopération, ça ne marchera pas. On peut en renvoyer tous les jours, ils reviendront. Allez pisser sur le mont Choungui, ça tombe quand même dans le lagon ». [Wilfrid Bertile->http://www.clicanoo.com/article.php3 ?id_article=162193], vice-président de la Région chargé de la coopération régionale et ancien secrétaire général de la Commission de l’océan indien (COI) a réagit dans les colonnes du Journal de l’île de La Réunion ([Jir->http://www.jir.fr/]) : « C’est un drame épouvantable qui tend à se banaliser. Il endeuille les familles comoriennes et mahoraises, puisque ces familles sont réparties sur toutes les îles de l’archipel, mais il endeuille aussi l’ensemble des peuples de la région. On peut Bien sûr condamner le visa Balladur comme une erreur de vouloir séparer ainsi des peuples qui sont les mêmes. Mais les peuples comoriens et mahorais ne s’en sortiront pas sans une politique forte de codéveloppement, voilà le problème principal. Si tu ne m’aides pas à vivre chez moi, je viendrai mourir chez toi. »
Cimetière marin
Des mots comme « carnage » ou encore « cimetière comorien » sont régulièrement utilisés dans les différents communiqués ou journaux des associations de la société civile comorienne et l’expression d’« immigrés clandestins » sont rejetées. « Démocratie infos », bulletin bimestriel de SOS Démocratie aux Comores, rapportait il y a encore quelques dizaines de mois les chiffres de l’Observatoire de l’Emigration clandestine à Anjouan ([OECA->http://www.comores-online.com/Comores-infosweb/Sommaire/OECA.html]). L’organisme, installé jadis à Poitiers et travaillant en partenariat avec les organisations non gouvernementale Initiative Développement (ID), [Médecins du monde->http://www.medecinsdumonde.org/]-Réunion ou encore Aide médicale internationale ([AMI->http://www.amifrance.org/]), toutes basées alors à Anjouan, répertoriait les accidents de kwasa et dénombrait les morts, les disparus ainsi que les rescapés. Son absence est un véritable manque. L’association comorienne Collaboration Action Pérennisation ([CAP->http://www.comores-online.com/mwezinet/sante/orgetong/cap.htm]) mène des projets d’éducation et de développement et qui par le passé a collaboré avec [Initiative Développement->http://www.id-ong.org/] a pris le relais. Aujourd’hui, elle continue le recensement des incidents de « kwasa ». Son président, le docteur Soulaïmana Aboubacar définit les objectifs de la structure de la sorte. « Au départ notre association traite de problématiques liées au [SIDA->http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d’immunod%C3%A9ficience_acquise], au [paludisme->http://fr.wikipedia.org/wiki/Paludisme]... Mais les décès par traversées en kwasa sont devenues un véritable fléau, un drame national et régional. C’est un problème de santé publique qu’on ne peut ignorer. Ses effets sont dévastateurs. On est sur le terrain depuis un certain nombre d’années. La plupart des accidents de kwasa-kwasa se passent au large de Mayotte. On travaille avec notre réseau, mais on n’a pas d’interlocuteurs sur place. Depuis l’an dernier, on a encore plus de mal à croiser nos chiffres et à les valider. On a tenté d’impliquer la préfecture de Mayotte, mais jusqu’à présent la réponse se fait attendre. Autrement, on peut encore expulser des Comoriens vers Anjouan, mais on ne pourra jamais arrêter ces mouvements migratoires. Il y a forcément des choses à mettre en place entre les autorités françaises et celles de l’Union des Comores », termine le praticien.
Mayotte, nouvel eldorado
Avec une superficie de 374 kilomètres carrés pour une population estimée selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) à 160 265 habitants en 2002, la plus orientale des îles de l’archipel des Comores est aussi la plus attractive. Plus de 55 000 Comoriens vivraient à Mayotte avec et sans papiers. Collectivité départementale aspirant à la départementalisation, restée française au lendemain de l’indépendance des trois autres îles, sa stabilité politique et économique la rendent désirable aux yeux de ses voisins directs (qui contestent le caractère de son statut de territoire français et la manière dont elle l’est restée), aussi de citoyens des pays d’[Afrique de l’Est->http://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_de_l’Est], de l’Union des Comores, de la République de [Madagascar->http://fr.wikipedia.org/wiki/Madagascar] que pour de nombreux ressortissants d’Europe voire même d’un petit nombre de Réunionnais. Un nombre de plus en plus croissant de Français hexagonaux appelés en shimaoré (en mahorais) M’zoungou [Blancs] viennent s’y installer, notamment pour travailler dans la fonction publique, l’éducation nationale ou encore la santé. Sur l’année 2006, pas moins de 13 253 personnes, majoritairement des Comoriens, ont été expulsées de Mayotte, par air et par mer, quand le ministre de l’intérieur de l’époque, [Nicolas Sarkozy->http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Sarkozy], tablait sur un objectif local de 12 000 renvois vers les pays d’origine. On estime qu’en France, il y a entre 200 à 400 000 immigrés clandestins. Sur les 24 000 étrangers expulsés, en 2006, dans l’ensemble français, un peu plus de la moitié venaient du seul territoire de Mayotte et étaient majoritairement Comoriens !
De nouveaux moyens de lutte
Pour endiguer ces mouvements de population, les autorités françaises de Mayotte, dont les effectifs ont été revus à la hausse, mènent des opérations maritimes de recherche et d’interception d’embarcations clandestines. La marine française possède trois vedettes rapides. Les bâtiments de la Marine nationale ont deux radars pour surveiller les eaux de la collectivité. Deux mouvements aériens par jour assurant trois cent reconduites à la frontière par semaine sont effectués par la police. Mayotte devrait bientôt être équipée d’un radar supplémentaire. Il sera localisé à l’Est de l’île pour intercepter les kwasa-kwasa. Le centre de rétention de [Pamandzi->http://fr.wikipedia.org/wiki/Pamandzi], en Petite-Terre, trop petit avec ses 60 places, va subir, en 2008, des travaux d’agrandissements si ce n’est une reconstruction. Ces mesures font suite à la visite d’une semaine effectuée, en janvier 2006, à [La Réunion->http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9union], à Mayotte et dans l’Union des Comores, par un groupe de parlementaires français, toutes tendances politiques confondues, venue travailler sur la situation de "l’immigration clandestine à Mayotte". La commission d’enquête a émis un rapport où : « Il apparaît que Mayotte fait face actuellement à une [immigration->http://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration] clandestine massive, qui freine son développement et déstabilise sa société. Cette immigration, essentiellement composée de Comoriens qui cherchent à Mayotte une vie meilleure, s’explique principalement par le différentiel croissant de niveau de vie entre Mayotte et son environnement régional, ainsi que par l’insuffisance des moyens dont disposent les forces de l’ordre pour contrôler les flux d’immigration clandestine. La mission estime possible de prévenir une aggravation de la situation de l’immigration à Mayotte en réduisant son attractivité pour les candidats au départ, afin d’obtenir une diminution des flux d’immigration clandestine. Cette stratégie doit nécessairement conduire à développer une coopération plus efficace avec les Comores, malgré leur instabilité politique. Elle implique également des aménagements juridiques limités, s’agissant en particulier de la lutte contre le travail clandestin et des conditions d’acquisition de la nationalité française. »
Comoriens à bord d’un kwassa-kwassa © RFO
Estrosi bouleversé
A la suite de la tragédie survenue à Majicavo-Koropa, Christian Estrosi, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, questionné, le 26 juillet dernier, par le quotidien français La Croix sur la solution s’était dit « bouleversé par ce drame humain qui - hélas ! - se reproduit trop souvent dans cette zone de l’océan Indien. Pour les clandestins comoriens, Mayotte représente une porte ouverte sur la France et l’espoir d’un meilleur niveau de vie ». Mohamed Allaoui, le président de la Fédération comorienne des droits de l’homme (FCDH) avance trois raisons concernant la volonté des Comoriens de se rendre à Mayotte : « Il y a de nombreuses personnes sans travail aux Comores. Mayotte peut leur en procurer. Le travail leur rend une certaine dignité et leur permet de jouer leur rôle de soutiens de famille. C’est une chose essentielle dans l’existence d’un individu. Là-bas, à Mayotte, ces Comoriens occupent essentiellement des postes de manœuvres ou encore de jardiniers. La société mahoraise s’en accommode bien. Ils perçoivent l’équivalent du salaire d’un fonctionnaire comorien, c’est-à-dire 200 à 400 euros par mois. Ces Comoriens se rendent aussi à Mayotte pour des raisons de santé. Il existe à Mayotte une qualité de soins pour tous les malades étrangers comme Français. Les prescriptions étaient jusqu’à récemment gratuites. Les tarifs restent toutefois intéressants. Les Comoriens qui ont le plus de moyens se rendent directement en France (Paris), à Maurice, en [Tanzanie->http://fr.wikipedia.org/wiki/Tanzanie], dans les pays du golfe, à Madagascar ou à La Réunion. La troisième raison qui les poussent à tenter leur chance à Mayotte est d’ordre familiale », explique Mohamed Allaoui.
Petite histoire de circulation
La [circulation de la population des quatre îles de l’archipel des Comores->http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_Comores] (Anjouan, Mohéli, Grande Comore et Mayotte) est ancestrale comme dans le reste des [îles du Sud-Ouest de l’océan Indien->http://64.233.183.104/search ?q=cache :NZ-6dUJXKSsJ :www.historun.com/run/Pub/Revue_Hermes.rtf+les+navigateurs+comoriens&hl=fr&ct=clnk&cd=20&gl=fr]. Elle n’était jusqu’à la première moitié des années 90 soumis à aucune formalité particulière, alors même que le contentieux territorial entre l’Etat français et l’Etat comorien persiste depuis 1841, date de la vente de l’île comorienne de Mayotte par le sultan d’origine malgache [Adrian Tsouli->http://fr.wikipedia.org/wiki/Andriantsoly] au roi [Louis-Philippe->http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Philippe_Ier] pour 1 000 piastres. Le peuplement aujourd’hui homogène de cette région d’Afrique orientale remonte au 8ème siècle de notre ère selon les dernières recherches archéologiques et historiques des spécialistes de la région. Les Comoriens pouvaient ainsi effectuer sans contraintes et visas des allers-retours entre les îles de l’archipel. La grande majorité des habitants des trois autres îles Comores vont à Mayotte en espérant trouver du travail. Des femmes caressent aussi le rêve d’y accoucher. Ces Comoriens cherchent, il est vrai, à bénéficier du système de santé et d’éducation de premier plan et à rendre visite à leurs familles. Outre les nombreuses pertes de vie humaines en mer, ces hommes et ces femmes vivent également des situations dramatiques au quotidien comme lorsqu’en octobre 2003 des agents communaux de la commune mahoraise de Bandrelé ont incendié des paillotes appartenant à des sans-papiers comoriens à [Hamouro->http://www.comores-online.com/Comores-infosweb/Sommaire/art42.htm].
Le travail clandestin
Ces femmes et ces hommes, obligés de vivre en cachette parce que redoutant d’être expulsés mais aussi susceptibles d’être dénoncés, violentés et exploités, sont les principaux fournisseurs de main d’œuvre sur le marché parallèle. Loin d’être oisifs, les Comoriens travaillent dur. Mayotte compterait 10 000 travailleurs illégaux. Les sénateurs de passage à Mayotte, en février 2006, ont proposé de « porter à 3 000 euros minimum le montant des amendes administratives encourues par les employeurs de travailleurs clandestins à Mayotte ; confisquer plus fréquemment le matériel utilisé pour ces activités, et sanctionner systématiquement les personnes louant, sans déclaration, leurs terrains à ces clandestins. »
Remise en cause du droit du sol
L’ancien ministre de l’Outre-mer, [François Baroin->http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Baroin], dans un entretien accordé, en septembre 2005, au quotidien français [Le Figaro->http://www.lefigaro.fr/] envisageait « pour certaines collectivités d’Outre-mer [de remettre en cause le droit du sol], car nous sommes confrontés à des politiques de peuplement non maîtrisées. Si l’on ne fait rien maintenant, à terme, ce sera l’explosion sociale. Pour enrayer ce phénomène, nous devons avoir recours à des mesures à caractère exceptionnel. Une remise en question du [droit du sol->http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_du_sol] ne provoque pas les mêmes réticences Outre-mer qu’en métropole. L’histoire, la géographie de l’Outre-mer ne sont pas toujours les mêmes qu’en métropole. Le droit du sol n’a pas toujours connu la même application, et, au fur et à mesure qu’il a été étendu, il y a eu des abus. Je reviens sur la situation de Mayotte : la maternité de [Mamoudzou->http://fr.wikipedia.org/wiki/Mamoudzou] est, avec 7 500 naissances annuelles, la plus active de France. Deux tiers des mères sont Comoriennes, et environ 80 % d’entre elles sont en situation irrégulière. On estime à 15 % le nombre de ces mères qui retournent aux Comores après avoir accouché. Il y a aussi de nombreux cas de paternité fictive. Il est de notoriété publique qu’à Mayotte, la reconnaissance de paternité par un Français est un « service » qui s’achète (...) » Le rapport des députés et des sénateurs français encourage les échanges entre Mayotte et les îles de l’ancienne République Fédérale islamique des Comores, il préconise des échanges qui doivent aller au-delà de la simple aide sanitaire et être un vecteur de développement économique et culturel. [Christian Estrosi->http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Estrosi] a déclaré vouloir développer la coopération entre la France et les Comores.
Visite comorienne à Paris
Une délégation comorienne, emmenée par Ahmed ben Saïd Jaffar, le ministre des relations extérieures, s’est déplacée à Paris du 17 au 22 juillet dernier. Le chef de la diplomatie comorienne a rencontré [Jean-Marie Bockel->http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Bockel], secrétaire d’Etat à la Coopération et la Francophonie et Christian Estrosi, ainsi qu’« un entretien à la présidence de la République », a rapporté Denis Simonneau, le porte-parole adjoint du [Quai d’Orsay->http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/]. Au cours de ces échanges l’Etat français a « réitéré le plein soutien qu’elle accordait aux autorités de l’Union des Comores dans la crise politique que celle-ci traverse actuellement et appelé au renforcement de l’unité du pays[l’[Union des Comores->http://www.beit-salam.km/] est secouée par une crise institutionnelle sans précèdent depuis 1997 et l’île d’Anjouan, actuellement dirigée d’une main de fer par [Mohamed Bacar->http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Bacar], un président auto-proclamé et séparatiste qui refuse de reconnaître l’autorité du président de l’Union des Comores, en est l’épicentre] ». La partie française a également tenu à ajouter qu’elle apportait « son appui aux recommandations de l’Union africaine (UA) préconisant des élections transparentes dans les meilleurs délais à Anjouan ». De son côté la délégation comorienne a promis de « faciliter la reprise des liaisons aériennes et maritimes entre Mayotte et les trois autres îles de l’archipel ». Dans l’entretien donné au journal [La Croix->http://www.la-croix.com/], Christian Estrosi estime que les efforts doivent être partagés : « Les autorités comoriennes, avec lesquelles j’ai d’ores et déjà engagé des discussions, ont des efforts importants à faire afin de pouvoir contenir leurs populations candidates à l’émigration. » Le secrétaire d’Etat a prévenu : « Avec [Brice Hortefeux->http://fr.wikipedia.org/wiki/Brice_Hortefeux], le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, nous sommes prêts à les accompagner par une vraie politique de co-développement. Cela implique par exemple qu’à Mayotte, les salaires gagnés par les Comoriens se transforment en partie en investissements dans leur pays d’origine ou que les étudiants des Comores - qui seront désormais acceptés en fonction des quotas - s’engagent à y revenir exercer un métier conforme à leur formation. Dans le même temps, nous poursuivons notre politique sans faiblesse de lutte contre l’immigration clandestine. Aujourd’hui, un tiers de la population de Mayotte se trouve en situation irrégulière : cette situation est inacceptable. »
Pourparlers France Comores en septembre
D’après le site [diplomatie.gouv.fr->http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/recherche.php3 ?recherche=comores] : « Les deux parties ont convenu de tenir à Paris, dès la première quinzaine du mois de septembre 2007, une réunion technique d’examen des actions de la coopération française aux Comores. Cette première réunion technique sera chargée de préparer un comité de suivi de la commission mixte franco-comorienne de 2005 et du Document cadre de Partenariat signé en 2006, qui pourrait avoir lieu à l’automne à Moroni et qui permettra un approfondissement du dialogue bilatéral sur tous les sujets d’intérêt commun. La question de la circulation des personnes et des biens entre Mayotte et les autres îles de l’archipel des Comores a fait l’objet d’un échange approfondi qui sera poursuivi en septembre en vue d’une formalisation. Par ailleurs, la France a confirmé son appui aux Comores dans le contexte de la prochaine réunion des bailleurs pour l’apurement des arriérés des Comores vis-à-vis de la [Banque africaine de Développement->http://www.afdb.org/portal/page ?_pageid=473,1&_dad=portal&_schema=PORTAL]. »
Abdoulatifou Aly, nouveau député de Mayotte © RFO
« C’est aux Comores d’aider ses ressortissants »
Pour le nouveau député de Mayotte,
[Abdoulatifou Aly->http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdoulatifou_Aly], contacté au téléphone le 26 juillet dernier : « La résolution de ce problème tragique ne dépend pas seulement de nous. Ce n’est pas de la faute de la France et de Mayotte si des Comoriens viennent au péril de leurs vies chez nous. Cela dépend en grande partie du gouvernement comorien. Pour que ces tragédies cessent, il faudrait que le gouvernement comorien prenne à bras le corps ce problème. Les candidats au départ estiment de leur côté qu’ils ne peuvent pas vivre chez eux. Pourquoi ne veulent-ils pas rester aux Comores ? Dans ma fonction d’avocat, j’ai eu à défendre des immigrés clandestins. Beaucoup se retrouvent face à la justice et c’est souvent un vrai drame humain auquel on assiste. Qui ne serait pas choqué par un seul de ces drames ? Mais pourquoi les autorités mahoraises devraient-elles être plus choquées que le gouvernement comorien ? Jamais ô combien jamais vous ne les entendez être outré et chercher une quelconque solution. Ailleurs en Afrique, que ce soit au Maghreb ou dans les pays d’Afrique noir, les responsables politiques se préoccupent de la question de l’immigration. Ces Etats sont amenés à avoir des relations de co-développement et de coopération avec les autorités des pays de destination de leurs ressortissants. C’est avant tout au gouvernement comorien d’aider ses ressortissants. Nous n’avons pas à nous substituer à eux. Il faudrait que les Comores commencent à se préoccuper de cette situation avant que la solution ne soit billatérale et internationale. » La présence des Comoriens dans la collectivité départementale de Mayotte est un véritable enjeu politique et diplomatique entre la [France->http://fr.wikipedia.org/wiki/France] et les [Comores->http://fr.wikipedia.org/wiki/Comores]. Avec un produit intérieur brut par habitant supérieur à neuf fois à celui des Comores, et un smic (pourtant inférieur à plus d’un tiers à celui de la France hexagonale) onze fois plus élevé que son équivalent comorien, Mayotte demeure un authentique phare économique.
L’enjeu : « La valise ou la mort ? »
L’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement ([PNUD->http://www.km.undp.org/]) place les Comores au 167ème rang mondial sur 173 pays classés. Il est ainsi l’un des pays les plus pauvres du monde. Indépendant depuis 1975, ce pays d’Afrique orientale, dont la capitale est Moroni, est situé au nord du [Canal du Mozambique->http://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_du_Mozambique]. Les Comores sont la porte ou le verrou de la route du pétrole en direction du [péninsule arabo-persique->http://fr.wikipedia.org/wiki/Golfe_Persique]. Il comporte trois îles : Anjouan-Ndzuani, Mohéli-Moili et Grande Comore-Ngazidja. D’une superficie de 2 170 km2 pour environ 700 000 habitants, l’Union des Comores n’est encore jamais parvenue à trouver la paix tant sur le plan institutionnel que politique. Les opérations de mercenariats menées par le célèbre [Bob Denard->http://fr.wikipedia.org/wiki/Bob_Denard], les coups d’Etats répétitifs, les multiples assassinats de présidents en exercice, les conflits de compétence, la remise en question de l’actuelle constitution née des accords de Fomboni de 2001, le problème de l’intangibilité des frontières ou encore le [séparatisme anjouanais->http://www.kashkazi.com/] minent le développement d’un pays affilié à la fois à l’Unité africaine ([UA->http://www.africa-union.org/root/ua/index/index.htm]), à la Commission de l’océan Indien ([COI->http://www.coi-ioc.org/]) et à la Ligue arabe ([LA->http://www.arableagueonline.org/las/index.jsp]). La population très jeune vit au-dessous du seuil de pauvreté. D’ailleurs, elle compte davantage sur le soutien de sa diaspora que sur l’Etat pour s’en sortir.
Le poids de la diaspora
Plus de 200 000 Comoriens vivraient en France hexagonale. Les premiers migrants comoriens sont arrivés du temps où les Comores étaient encore colonie française vers la fin des années 50. La plupart d’entre eux étaient étudiants mais surtout « navigateurs ». C’est pourquoi cette population s’est d’abord installée dans les ports comme Marseille, Le Havre et Dunkerque, puis par la suite Paris, Lyon ou entre autres villes Bordeaux. La dégradation des conditions de vie ces dernières décennies aux Comores ont poussé un grand nombre de ses habitants à tenter l’aventureàl’extérieurdestrois îles del’Union.Ils seraient40 000 à la Réunion et plus de 53 000 à Mayotte.
Le Nioumakélé : lieu de départ
Pourquoi Mayotte ? Des centaines deComoriens sont candidats chaque année au voyage vers l’Eldorado mahorais, des traversées clandestines à bord de fragiles embarcations de bois ou de plastiques longues d’environ six à 12 mètres :les « kwassa-kwassa [parce que les bateaux tanguent comme une danse d’Afrique centrale portant le même nom] ». Ces ressortissants viennent en grande partie de la région la plus pauvre des Comores, le triangle du Nioumakélé à Anjouan, mais pas seulement. Cette dernière île est aussi la plus proche de la collectivité départementale française. Quand le temps est au beau fixe, Mayotte est visible à l’œil nu. La région de Domoni ou encore Moya sont ainsi les circuits préférentiels pour nombre de ces candidats au départ et c’est là qu’opèrent les passeurs. Le coût du voyage est souvent bien au-dessus des moyens des candidats à l’exil entre 150 et 200 euros par tête. Entassés, parfois jusqu’à une quarantaine de personnes, bébés et femmes enceintes comprises, ces futurs clandestins remettent leur destin à Dieu.Il s’agit pour ces barques clandestines surpeuplées et conduites par des passeurs conscients du dangers (récifs, requins) de déjouer le dispositif de la police maritime française.
La police française appréhende des Comoriens dans un kwassa-kwassa © RFO
Surveillance accrue du lagon mahorais
Les tentatives de pénétration sur les plages de la collectivité départementale française s’effectuent généralement de nuit. Il est plus facile pour les bateaux de parvenir à leurs fins. Sauf que les risques d’y faire naufrage sont encore plus abondants et les chances de retrouver des survivants quasi nulles. La grande majorité des passagers ne sait pas nager et n’est pas équipée de bouées de sauvetage. Quand une vague déferle sur un kwasa, c’est la peur panique. Les plus chanceux sont ramenés au centre de rétention les autres périssent noyés. Une procédure judiciaire est mise en place à leur encontre. Le passeur, lui, est souvent condamné pour mise en danger de la vie d’autrui et aide à l’entrée irrégulière. De plus en plus d’opérations publiques de destruction de matériel par des pelleteuses sont organisées au grand jour devant les médias mahorais pour décourager les nouveaux candidats et les passeurs récidivistes. Une opérationde ce type a été organisée le 18 juillet dernier. Les naufragés comoriens arrêtés sont de leurs côtés renvoyés aux Comores, principalement sur l’île autonome d’Anjouan. Selon certaines rumeurs persistantes à Anjouan « lorsqu’un clandestin est expulsé en bateau vers Anjouan, les autorités insulaires percevraient 20 euros par tête. S’il arrive par avion, l’île autonome d’Anjouan récupèrerait 17 euros. Pour que l’île autonome perçoive ladite somme, le clandestin comorien rapatrié, doit absolument présenter un document qu’on lui aurait remis par les autorités françaises. Le document doit être renvoyé sous plis à Mayotte. La rumeur poursuit que Les expulsés qui refusent de se soumettre à cette procédure seraient menacés et parfois frappés. » Le collectif Masiwa Mane à Paris, dans une tribune publiée sur le site Internet[Rue89->http://www.rue89.com/2007/08/14/mayotte-des-immigres-clandestins-chez-eux], soupçonne que les autorités comoriennes et françaisesne s’entendentderrièreledosdelasociétécivileet « craint qu’encore une fois le gouvernement comorien n’ait accepté de retirer de l’ordre du jour de l’Assemblée Générale de l’ONU à l’automne prochain « la question de l’île comorienne de Mayotte » contre une aide économique. »
Carte régionale : l’archipel des Comores © RFO
Mayotte, exception géopolitique mondiale
Depuis trente deux ans, une question cruciale divise la France et l’Union des Comores : Mayotte. Les [Comores->http://www.cndrs-comores.org/HISTOIRE.HTM] estiment que la collectivité départementale française est une partie intégrante de son territoire. Le pays africain s’appuie sur la résolution 3 385 relative à son admission au sein des Nations Unies, en 1975, réaffirmant la nécessité de respecter l’intégrité de son territoire (Anjouan, Grande Comore, Mayotte, Mohéli) et condamnant la présence française à Mayotte. Gérard-François Dumont, recteur, professeur à l’Université de Paris-Sorbonne et président de la revue Population et Avenir parle dans son étude universitaire de Mayotte comme une « exception géopolitique mondiale ». Selon lui, quand bien même le risque d’instabilité existe avec la proximité des Comores et ses demandes renouvelées de retour dans le giron africain ou par « l’émigration [mahoraise] vers La Réunion, qui s’effectue dans des conditions qui n’améliore pas la situation sociale et, donc, la stabilité politique, dans ce département (...) », Mayotte reste « un atout géopolitique incontestable ». Gérard-François Dumont se montre enthousiaste pour la départementalisation de Mayotte en poursuivant que l’île « assure une position exceptionnelle dans l’océan Indien, offre à l’armée française une précieuse base susceptible d’être utilisée pour de nombreuses opérations à conduire soit directement soit dans le cadre d’une coalition internationale et la France dispose avec Mayotte, d’un lieu pouvant abriter telle ou telle négociation géopolitique officielle ou secrète. » Enfin, Mayotte, poursuit-il, pourrait être à l’image de Taïwan ou de l’île Maurice un pôle de développement et une locomotive économique. Au-delà des communiqués officiels laconiques, il reste à savoir de quelle façon la France va pouvoir régler cette question sans froisser la volonté, semble t-il inébranlable, des Mahorais à demeurer Français et plus encore département et ne pas apparaître comme un état colonisateur vis-à-vis de l’opinion internationale et des de l’Etat comorien. Le président de l’Union des Comores [Ahmed Abdallah Sambi->http://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Abdallah_Sambi] a, de son côté, été élu, le 26 mai 2006, en faisant la promesse de porter lors de la prochaine assemblée plénière des Nations Unies le dossier de Mayotte à l’ordre du jour. Dans le même temps, son pays englué dans une nouvelle crise anjouanaise qu’il ne paraît pas maîtriser, est fragilisé. La France est le premier bailleur de fond des Comores. Les Comores semblent avoir en Mayotte l’unique carte diplomatique à jouer dans leurs pourparlers avec l’Etat français. Ce qui fait dire à Abdoulatifou Aly, le nouveau député de Mayotte : « Ils ne parlent de Mayotte et dans une moindre mesure de l’immigration clandestine que lorsqu’ils ont des problèmes financiers. A ce moment-là Mayotte devient une monnaie. Il y a pourtant un enjeu humain dans tout ça. »
|A LIRE
Histoire
- Mayotte un vrai tabou, ce qui doit enfin changer, Ali Mmadi, essai, Editions Le manuscrit - Au nom des îles, pour un vrai débat électoral, Ali Mmadi, éditions les belles pages, 2007 - Luttes au pouvoir aux Comores, M’sa Ali Djamal, éditions De La Lune, 2006 - Carnet d’afriques, Jacques Nougier, éditions l’Harmattan, 2006 - Indépendance et partition des Comores (1974-1978), Namira Nahouza, Editions Komedit, 2005 - Les Comores de 1975 à 1990, Nakidine Mattoir, éditions l’Harmattan, 2004 - [Petites histoires Comoriennes->http://www.afrik.com/article6623.html], I. Mohamed, S. Elbadawi, A. M’Changama, M. Ahmed-Chamanga, éditions Komedit, 2003 - Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale, Pierre Caminade, éditions Agone, 2003 - La résidence de Dzaoudzi, Jean-François Hory, éditions du Baobab, 2003 - Les Comoriens à Marseille d’une mémoire à l’autre, Karima Dirèche-Slimani et Fabienne Le Houerou, éditions Autrement, 2002 - Carnet de mission Archipel des Comores (Récit), Emmanuel Roseau, éditions l’Harmattan, 2002 - Dossier : Archipel des Comores : Un nouvel élan ?, [Africultures 51->http://www.africultures.com/index.asp ?menu=revue_affiche_article&no=2524], Collectif, éditions l’Harmattan, 2002 - Maore, Patrick Turgis, éditions l’Harmattan, 2001 - [Rapport de M. José Balarello->http://www.senat.fr/rap/l00-361/l00-3610.html], sénateur - Le déclin des domaines coloniaux, Un récit de vie, Archives Orales, cahiers, n°11, Collectif, Editions du Baobab, 2000 - La naissance de l’élite politique comorienne (1945/1975), Mahmoud Ibrahime, éditions l’Harmattan, 2000 - Mayotte et les Comores, Escales sur la route des Indes au XIe et XVIIIe siècles, Henri Daniel Liszkowsky, Editions du Baobab, 2000 - Mayotte et la France (1841 à 1912), Saïd Ahamadi, éditions du Baobab, Mai 1999 - L’immigration du travail à Mayotte durant la période sucrière, Vincent Forest, Collectivité Territoriale de Mayotte - Esclavage, Razzias, et Déportations, Archives Orales, cahiers, n°4/5, Collectif, Editions du Baobab, 1998 - Comores, Développement humain durable et élimination de la pauvreté, Éléments pour une stratégie nationale, Rapport du P.N.U.D., Frison Roche, 1997 - [Essai sur Les Comores->http://fr.wikisource.org/wiki/Essai_sur_les_Comores], réedition, A. Gevrey, Procureur impérial à Pondichéry en 1870, éditions du Baobab, 1997 - Les Comores, Collection Que sais-je ?, Hervé Chagnoux et Ali Haribou, PUF, 1980/1990 - Histoire des îles, hn’ngazidja, hi’ndzou’ani, maïota et Mwali (Présentation critique des manuscrits arabe et swahili émanant du grand qadi de ndzaoudzé (Mayotte) Oumar Aboubakari Housséni (1865), Editions Djahazi, 1997 - Etat français et colons aux Comores (1912/1946), Mahmoud Ibrahime, éditions l’Harmattan, 1997 - Mayotte, les Comores et la France, Jean Fasquel, éditions l’Harmattan, 1996 - Mayotte, L’illusion de la France,Propositions pour une décolonisation, Yves Salesse, éditions l’Harmattan, 1995 - Madagascar et ses dépendances, de la colonisation à l’indépendance-association, 1894-1973, Hervé Lemoine, service historique de l’armée de terre, 1995 - Mayotte, Guy Fontaine, Editions Karthala, 1995 - Les Comores, Pierre Vérin, éditions Karthala, 1994 - La guerre de la salive, Lou Bellétan, Auto édition, 1993 - Mayotte La Française, Pierre Pujo, France-Empire, 1993 - Mayotte, Le contentieux entre la France et les Comores, Ahmed Wadaane Mahamoud, éditions l’Harmattan, 1992 - Mayotte, Olivier Gohin et Pierre Maurice, Université de la Réunion, 1992 - La vie quotiienne à Mayotte, Sophie Blanchy-Dorel, éditions l’’Harmattan, 1990 - Comores : Quatre îles entre pirates et planteurs, Jean Martin, éditions l’Harmattan, 1983 - Mayotte-Plaque tournante et microcosme de l’océan Indien occidental, Claude Allibert - Réflexions sur l’avenir institutionnel de Mayotte, François Bonnelle, La documentation francaise) - Terres lointaines VIII/La France de l’océan Indien, Coll, Société d’éditions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 1952
Littérature
- Épilogue des ventres, théâtre, Alain-Kamal Martial, 2006 - Hamouro, Salim Hatubou, éditions l’Harmattan, 2006 - Pauvres Comores, Ibrahim Barwane, éditions, 2005 - Une saison aux Comores, Djailani Nassuf, éditions Komedit, 2005 - La rupture de chair, théâtre (Cie IstaMbul-Théâtre), Alain-Kamal Martial, 2004 - Spirale, Djailani Nassuf, Les Belles Pages, 2004 - Dernières nouvelles de la Françafrique, Nouvelles, Soeuf ElBadawi, Collectif, Vents d’Ailleurs, 2003, - Testaments de transhumance, Saindoune Ben Ali, Editions Grand Océan, 1996 - Anthologie d’introduction à la poésie comorienne d’expression française, Carole Beckett, éditions l’Harmattan, 1995 - Un coin de voile sur les Comores, Hamza Soilhaboud, éditions l’Harmattan, 1994 - La fille du Polygame, Théâtre Mahorais, Nassur Attoumani, éditions l’Harmattan, 1992 - Brûlante est ma terre, Abdou Salam Bco, éditions l’Harmattan, 1991
A CONSULTER SUR LE NET
- [RFO->http://mayotte.rfo.fr/] - [Mayotte-online->http://www.mayotte-online.com/] - [Mawana->http://www.malango-actualite.com/medias/detail-1-presse_ecrite-mayotte-56-mawana.htm] - [Kashkazi->http://www.malango-actualite.com/medias/detail-1-presse_ecrite-mayotte-55-kashkazi.htm] - [Le Mahorais->http://www.malango-actualite.com/medias/detail-1-presse_ecrite-mayotte-47-le_mahorais.htm] - [Mayotte Hebdo->http://www.malango-actualite.com/medias/detail-1-presse_ecrite-mayotte-5-mayotte_hebdo.htm] - [Zan Goma->http://www.malango-actualite.com/medias/detail-1-presse_ecrite-mayotte-57-zan_goma.htm] - [Malango->http://www.malango-mayotte.com/] - [Caribou dagoni->http://www.cariboudagoni.fr/] - [Rahachiri->http://rahachirimayotte.oldiblog.com/] - [Ligue des Droits de l’Homme à Mayotte->http://perso.orange.fr/ldhmayotte/dossier.html] - [Réaction de Sawmy Pillay->http://www.clicanoo.com/article.php3 ?id_article=162192], le président de la Ligue des droits de l’homme (LDH) de la Réunion - [Préfecture de Mayotte->http://www.mayotte.pref.gouv.fr/] - [Al-Watan->http://www.alwatwan.net/Kwassa-kwassa.htm] - [Comores-online->http://www.comores-online.com/accueil.htm] - [Témoignages->http://www.temoignages.re/imprimersans.php3 ?id_article=24123&nom_site=T%E9moignages&url_site=http://www.temoignages.re] - [Le Monde->http://archives.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-944263@51-937503,0.html]
A Ecouter - [Reportage sur Mayotte de "La-bas si j’y suis" (France Inter) en janvier 2006->http://www.la-bas.org/article.php3 ?id_article=825]
A Visiter - [Stop kwasa->http://www.stop-kwassa.org/], site édité par un "collectif de jeunes franco-comoriens contre la traversée de la mort." - [CNDRS->http://www.cndrs-comores.org/Internationale.htm] : Le Centre national de documentation et de recherches des Comores
A Voir - [Aller simple pour Maoré->http://www.billetsdafrique.info/Comores-Voir-Un-alle-simple-pour.html] [Mayotte en dialecte shimaoré], documentaire, 84 minutes, réalisé par Agnès Fouilleux, 2007 - [Kwasa-Kwasa Creuse->http://www.festivalfilmafriqueiles.com/FILMS/kwasa.html], documentaire français de Patrick Watkins, 1 heure 40, 2006|
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