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Publié le 05/05/2009 | 11:27

FOOTBALL. Maoulida, un buteur Sang et Or

Par Ismael Mohamed Ali

Toifilou Maoulida est actuellement le meilleur buteur du Racing Club de Lens avec 13 buts en 29 matchs.

L’attaquant mahorais, âgé de 29 ans, est une des pièces essentielles du dispositif tactique du coach Jean-Guy Wallemme. Actuellement 1er de Ligue 2 à cinq point du second Strasbourg et à six points du troisième Metz, le Racing Club de Lens est bien placé pour retrouver la Ligue 1 la saison prochaine.

Le buteur d’origine mahoraise du Racing Club de Lens : Toifilou Maoulida © AFP Maoulida, ADM made in Lens

« Et but de Toi-fi-lou Ma-ou-li-da ! » Les commentateurs sportifs de la Ligue 1 se régalaient à prononcer le nom du natif de Kani-Kely-Mayotte à chacun de ses buts. Beaucoup espèrent le revoir bousculer les défenses adverses par sa vitesse et son abnégation et empiler les buts la saison prochaine dans le championnat d’élite. L’actuel attaquant du Racing Club de Lens évolue désormais en Ligue 2. Il végète plus souvent sur le banc de touche que sur les vertes praires. Il est pourtant de ces joueurs capables de faire la différence sur le front de l’attaque. Une mission dont il s’acquitte parfaitement à chaque fois qu’il a eu l’occasion de se signaler en cours de match cette saison. Le buteur mahorais à marqué à 13 reprises en vingt-neuf apparitions en Ligue 2 sous les couleurs nordistes. Or, Maoulida n’a été titulaire qu’à vingt-deux reprises et Ligue 2. Ses réalisations ont été caractérisées par la presse spécialisée de décisives. Il est, en plus, le meilleur buteur de sa formation. Toifilou Maoulida apporte son expérience du haut niveau au onze artésien. Comme l’international ivoirien Aruna Dindane, de l’Aigle carthaginois Issam Jemaa ou encore du Yougoslave Milavanovic, Maoulida est une des armes de destruction massive du lourd arsenal offensif lensois.

Le RC Lens, un choix du cœur

Toifilou Maoulida a décidé de rester dans l’Artois pour accompagner son club dans l’opération remontée. Des propositions, le joueur mahorais n’en manquait pourtant pas. « J’en avais plusieurs l’été dernier, mais j’ai prouvé mon attachement à Lens en acceptant de baisser mon salaire de plus de 20 % », rapporte t-il au quotidien L’Equipe. Le choix du cœur pour Maoulida qui n’est pas du genre mercenaire. Attaché au club Sang et Or, bien qu’il entretienne des relations difficiles avec le directeur technique de RCL, l’inamovible et historique Daniel Leclercq, autant dire la statue du Commandeur, Toifilou Maoulida n’a donc pas fui la galère de la deuxième division. Objectif toujours difficile à atteindre même pour les meilleures formations hexagonales, l’accession en Ligue 1 avec le titre de champion de la catégorie au bout est très ardu. C’est dire, si l’ex-Montpelliérain, Messin et Rennais a de la motivation et de l’attachement pour cette formation. Sous contrat avec Lens jusqu’en 2011, Toifilou Maoulida, qui n’a plus d’agent depuis sa séparation, l’an dernier, avec Jean-Pierre Bernès, veut ainsi animer plus régulièrement le front de l’attaque. Pour son entraineur Jean-Guy Wallemme, il ne fait aucun doute que Maoulida est plus qu’un joker de luxe. Il croit en lui et fait jouer la concurrence pour qu’il se révèle à lui-même. Il lui conseille d’accomplir « davantage d’efforts défensifs, consistant juste à parcourir parfois cinq ou dix mètres à bon escient. En plus, comme c’est un joueur d’expérience, cela lui permettra d’affermir le rôle de leader qu’il peut tenir sur le terrain ».

Maoulida, le meilleur buteur lensois

Le 24 avril dernier, à Bastia (1 à 0), Maoulida, seul buteur du match, entré en jeu à la 57e minute de jeu, a fait mine, avec son doigt, de « la fermer ». A qui s’adressait ce geste déplacé ? « Cela ne s’adressait ni aux supporters, ni à personne du club. Je n’avais plus marqué depuis le 9 mars, à Angers (2 à 2). J’ai entendu à l’extérieur, certaines choses qui m’ont déplu et touché. Or, je marche beaucoup à l’affectif et j’ai exprimé mon soulagement comme ça. Je ne suis qu’un être humain », a-t-il expliqué au quotidien sportif L’Equipe. Une partie du public lensois se montre parfois intraitable à l’endroit de Toifilou Maoulida. Les quolibets émanant de ses propres supporters ne sont pas rares pour stigmatiser son manque de réussite ou sa maladresse devant les cages. Tant d’ingratitude envers le meilleur buteur lensois peut agacer l’ancien attaquant de l’Olympique de Marseille. L’international malien et capitaine du RC Lens Eric Sékou Chelle n’a pas de mot suffisamment gentil pour son coéquipier. Il le sait « introverti et très à fleur de peau », talentueux et proche de son actuelle formation. Maoulida ne dit pas autre chose. Il n’a d’ailleurs qu’un but aider son club à réintégrer l’élite à la fin de la saison et dépasser la barre symbolique des quinze buts. Il ajoute même vouloir « fêter son 300e match en Ligue 1 sous le maillot lensois ». Si ce n’est pas un appel du pied au président artésien Gervais Martel pour poursuivre l’aventure avec les Sang et Or, alors c’est qu’en effet entre Toifilou Maoulida et Lens quelque chose ne tourne pas rond.

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