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Publié le 08/04/2009 | 11:16

VOLLEY BALL. Le rêve de Toihir Ahmada

Par Ismael Mohamed Ali

Il s’appelle Toihir Ahmada. C’est la dernière pépite du volley-ball mahorais. Pensionnaire de l’équipe nationale 2 d’Alès, le jeune mahorais encore au centre de formation semble avoir toutes les qualités pour devenir professionnel.

Toihir Ahmada, réceptionnaire-attaquant d’Alès, s’apprête à servir © RFO-Paris

Le volley-ball dans le sang


Toihir Ahmada n’a qu’une passion : le volley-ball. Il fait partie des 260 millions d’amateurs à travers la planète. Ce sport collectif représente toute sa vie. Depuis sa plus tendre enfance, il y met toute son énergie. Natif de Mayotte, il y a dix-neuf ans de ça, il n’a jamais renoncé à son rêve ultime commencé sur les terrains pelé de sa petite île de l’océan Indien. A corps et âme, il y jette toute sa fougue. Rien ne l’empêchera de garder cette intégrité et cette fidélité au volley-ball, aucun obstacle ne sera suffisamment grand pour le dévier de son destin professionnel.

On imagine qu’il manque de confiance, peut-être, à moins que cela ne soit de l’humilité. « Pour l’instant, je n’ai pas encore le niveau. Il me faut encore travailler. Je ne dois pas brûler les étapes. Je viens à peine de débarquer à Alès », reconnait l’Ultramarin, arrivé dans la formation installée à la seconde place du classement de Nationale 2.

Passé par les Pôles Espoirs

Après un passage dans les Pôles espoirs de Lyon et de Bordeaux, ainsi que dans l’équipe de France beach-volley, Toihir Ahmada poursuit avec bonheur son cheminement dans la cité du chanteur Georges Brassens ou bien encore du footballeur Laurent blanc. Toihir, seul volleyeur mahorais évoluant à un si haut niveau, s’accroche. Détenteur d’un contrat de stagiaire professionnel, il encaisse les coups en attendant de voir le soleil de retour. Il met du cœur à l’ouvrage et ne se croit nullement arrivé. « A son arrivée, il s’est montré très discret. Ce n’est pas toujours facile de s’intégrer dans une équipe comme la nôtre où les gars jouent ensemble depuis deux ans. Il a su faire les efforts bien comme il faut pour s’intégrer dans l’équipe. La preuve, maintenant tout va bien », explique son coéquipier, le passeur Gary Chauvin. Toihir Ahmada n’est pas du genre à se croire arrivé et à baisser la garder. C’est certainement l’une de ses forces majeures.

Toihir Ahmada, le joyau à polir d’Alès


Il a multiplié les envois de CV pour trouver la possibilité de réaliser un essai, histoire de montrer du talent. Son coach Elie Merteb, parce qu’il le couve, se montre intraitable à son sujet. Il ne lui fait pas de cadeau. « Certes il a un physique très fort. Mais, il manque de technique. Cela signifie qu’il lui faut plus de rigueur à maint niveau, côté service ou côté attaque », confie t-il. Le tacle est sévère, pourtant Merteb croit vraiment en son poulain. « J’ai déposé des CV partout. Alès m’a appelé et Monsieur Merteb m’a appelé pour faire un essai. Il m’a dit tout de suite en face qu’il avait besoin de moi », se remémore Toihir.

Quand bien même son entraîneur se montre rude à son égard, il n’en croit pas moins à la réussite de son réceptionneur-attaquant. S’adressant à lui au cours d’un reportage sur RFO, réalisé par Daniel Moine, il le conseille ainsi : « Si tu prends une formation en libéro, tu auras plus de chance d’évoluer à un plus haut niveau et plus vite en Pro A. » Toihir Ahmada a bien entendu le chemin indiqué.

Le rêve professionnel

En attendant ce joyau brut, qui touche 300 euros par mois, se concentre également sur ses études. « Je ne pratique pas le sport où l’on gagne le plus d’argent. Le sport ne suffit pas pour vivre décemment. Il faut un travail à côté. J’ai des amis qui étaient au Pôle espoir de Bordeaux, plutôt doués, qui se sont blessés et maintenant n’ont plus rien », souligne t-il.

Un corps bien fait dans une tête bien faite, Toihir privilégie donc sa formation scolaire. Il espère décrocher son Brevet d’études professionnel d’électronicien pour assurer son avenir et sa reconversion. A Mayotte, personne ne doute que le jeune homme, du haut de mètre 83, ne reviendra pas par la grande porte. Le parcours du fils prodigue est suivi par bon nombre de ses compatriotes. Tous lui souhaitent d’aller le plus haut, le vite et le plus fort possible. Chose que Toihir Ahmada est capable de réaliser vu son talent, son écoute, sa générosité dans le travail et son magnifique jump….

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